Voici quelques conseils de la part d’Anne-Marie Villeneuve, éditrice chez Québec Amérique.
Je vais d’abord vous confier ce qui me semble le plus important de tout. Pour avoir une chance de réaliser son rêve de devenir auteur, on doit miser sur trois choses fondamentales : une grande passion pour la lecture et l’écriture, la patience et la persévérance. Lire, lire et lire, écrire, écrire et écrire. S’investir à fond dans ses projets d’écriture et ne jamais hésiter quand vient le temps de retravailler, voilà le secret. Du moins, une partie du secret… Car le talent, l’originalité et même le timing (arriver au bon endroit au bon moment avec la bonne histoire) font aussi partie de l’équation.
Pour y arriver, je vous conseille d’abord de choisir de travailler sur une histoire que vous aimez vraiment beaucoup. Une histoire que vous trouvez prenante, captivante, triste, drôle, et pour laquelle vous serez à l’aise d’utiliser un ton personnel. Des images riches, un récit bien structuré et un vocabulaire diversifié, ce sont aussi des points forts. Il ne faut pas oublier d’adapter son écriture au lecteur qu’on veut rejoindre : on n’écrit pas de la même façon pour les tout-petits que pour les adultes et on n’aborde pas les mêmes sujets…
Ensuite, écrivez plusieurs versions de votre histoire, en tentant à chaque étape de faire en sorte que tout soit de plus en plus clair pour votre lecteur éventuel. Sait-on bien où l’on se trouve? À quelle époque? Quel jour? À quel moment du jour? Qui entre en jeu? Quels sont les alliés ou les ennemis de vos héros? Les enjeux du récit sont-ils bien transmis à travers le texte? Quelle évolution vivent vos personnages à travers l’histoire? Etc. Et si jamais le processus vous semble long, dites-vous qu’aucun auteur professionnel n’écrit un roman en une seule étape d’écriture. Tout le monde travaille et retravaille très fort!
Je vous conseille de ne pas demander à vos proches de lire votre histoire avant que vous-même ne soyez très, très satisfait. Il est peu probable que vos premiers lecteurs trouvent très bon ce que vous n’aimez pas tellement, n’est-ce pas? Ensuite, quand vous vous sentez prêt à recevoir toutes les sortes de commentaires possibles, les bons comme les moins bons, il sera probablement très judicieux de demander l’avis de lecteurs extérieurs (des amis, des professeurs, des parents, etc.). Des lecteurs extérieurs identifieront des choses que vous n’êtes plus à même de constater (des redites, des contradictions, des invraisemblances, des longueurs), car vous êtes trop proche de votre texte, de vos personnages. C’est normal. Et pour que l’aventure se passe bien, je vous suggère de demander à vos gentils lecteurs de tenter d’être les plus objectifs possible, les plus francs possible, tout en prenant soin de vous réserver des commentaires positifs. Vous avez besoin d’être stimulé, pas démoli!
Voici maintenant venu le temps d’envoyer votre manuscrit à un éditeur? Rappelez-vous qu’un éditeur comme Québec Amérique reçoit plus de 1000 manuscrits par année. Il est donc essentiel que votre texte soit correctement présenté, agréable à lire. Il faut porter une attention particulière à l’orthographe et faire une mise en page soignée à l’ordinateur. Puis joignez à votre manuscrit une courte lettre de présentation sur laquelle se trouvent vos coordonnées complètes.
Pour éviter des frais et une attente inutile, il est aussi important de faire une recherche pour s’assurer que le manuscrit que vous acheminez à un éditeur correspond bien à ce que sa maison d’édition publie.
Tout cela étant dit, je vous souhaite la meilleure des chances dans vos démarches d’écriture. Et surtout, surtout, beaucoup de plaisir à écrire et à lire. Il ne faut jamais oublier qu’être écrivain, c’est un métier. Alors, pour le devenir, il faut y consacrer beaucoup, beaucoup de temps et de passion.
Au plaisir de vous lire !
Anne-Marie Villeneuve
Éditrice